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Le Venezuela : quand Washington étranglait un pays pour son pétrole

En 2013, après la disparition d’Hugo Chávez, Nicolás Maduro prend les rênes du Venezuela. Ce « prolo, un chauffeur de bus », comme le méprisait la droite vénézuélienne, allait devenir la cible d’une offensive « dix fois plus dure » que celle subie par son prédécesseur. L’objectif inavoué ? Remettre la main sur les immenses réserves de pétrole du pays.

Le « chauffeur de bus » qui a défié Washington

Mépris de classe et offensive sans précédent

La droite vénézuélienne, persuadée de la faiblesse de Maduro, a cru pouvoir le faire tomber. Mais l’ancien syndicaliste, ministre des Affaires étrangères de Chávez, disposait d’une solide formation politique. Sa victoire électorale, bien que courte, a déclenché une vague de violences sans précédent.

Un leader sous-estimé

Dès le jour de son élection, « onze chavistes sont assassinés et quarante-trois blessés par des groupes de choc de l’opposition ». Une tactique qui allait perdurer, transformant les rues du Venezuela en champs de bataille.

La violence de l’opposition : une réalité occultée

Des élections contestées, des morts ignorés

Chaque élection chaviste est contestée par l’opposition, sans preuve. Mais les faits sont là : en 2014, on compte « 43 morts et 800 blessés » lors des « guarimbas », des barricades de rue qui s’apparentaient à une véritable guérilla urbaine. L’objectif déclaré : la « salida » (sortie) de Maduro.

Les « guarimbas » : une guérilla urbaine

Ces affrontements armés, loin des manifestations pacifiques dépeintes, ont semé le chaos. L’opposition, soutenue par les États-Unis, faisait monter la température dans les rues, avec des conséquences mortelles.

Le blocus américain : une arme de destruction massive

Obama ouvre le bal des sanctions

Dès 2015, les États-Unis de Barack Obama décrètent le début du blocus économique contre le Venezuela. Le pays est déclaré « menace pour la sécurité intérieure des USA », une excuse classique pour l’interventionnisme impérialiste. L’idée ? « Affamer la population pour la retourner contre le chavisme ».

L’étranglement économique du pays

En quelques mois, le Venezuela est asphyxié. Pénuries massives, industrie pétrolière détruite, production chutant de « 3 millions de barils par jour » à « seulement 300 000 ». Les grandes entreprises locales, alliées à Washington, organisent une « pénurie programmée et sélective de biens du quotidien ».

Des aveux glaçants de responsables américains

Les mots sont sidérants. Thomas Shannon, ex-secrétaire d’État adjoint, compare ce blocus aux « bombardements des alliés contre Dresde ou Tokyo en 1945 ». John Bolton, conseiller de Trump, évoque « Dark Vador qui étrangle quelqu’un ». Et William Brownfield, ancien ambassadeur, affirme : « Notre objectif justifie cette sévère punition », même si cela impacte « des millions de personnes qui ont déjà des difficultés à trouver de la nourriture et des médicaments ».

Un parlement parallèle et des millions cachés

L’opposition refuse les règles démocratiques

En 2015, l’opposition remporte les législatives. Mais des suspicions d’irrégularité sur trois députés poussent la justice à demander de nouvelles élections. L’opposition refuse, se constituant en « véritable pouvoir parallèle » et déclarant toutes ses lois valides, malgré la décision du Tribunal suprême de justice.

Des fonds américains pour l’insurrection

Pendant ce temps, l’opposition ne se contente pas d’un blocage administratif. Un document du Congrès américain de 2016 révèle un versement de « 5,5 millions de dollars » à des organisations antigouvernementales. Ces fonds alimentent une insurrection d’une « violence rare », avec des groupes dotés « d’armes à feu » tirant sur la police.

La diabolisation médiatique : un écran de fumée

Un récit unilatéral et des mensonges avérés

Les médias occidentaux, des associations humanitaires et même l’ONU ont construit un récit unilatéral : Maduro, dictateur sanguinaire. Chaque mort est érigée en martyre, même quand l’opposition en est responsable. Maurice Lemoine, présent sur place, a documenté de « nombreux exemples de mensonges de ce type ».

Des violences inouïes minimisées

En 2017, une nouvelle vague de violences éclate. Des groupes masqués et armés « brûlent tout ce qui leur tombe sous la main » et s’en prennent à la garde nationale, qui a « interdiction de porter des armes à feu ». Seuls « 15 % des victimes » sont imputables aux forces de l’État, mais le récit médiatique est tout autre.

Des chavistes brûlés vifs, des hôpitaux attaqués

La réalité est brutale : « Certains policiers et partisans du Chavisme ont été brûlés vifs sur la place publique par cette opposition ». Des universités, garderies, dispensaires et hôpitaux ont été incendiés. Le cas d’Orlando Figuera, poignardé, aspergé d’essence et brûlé vif pour son soutien à Maduro, est un exemple glaçant de cette « violence insurrectionnelle » orchestrée par des « groupes de choc fascisants » et des délinquants payés.

Au bord de la guerre civile

Tentatives d’assassinat et coups d’État

Face à cette violence permanente, Maduro tente d’apaiser le pays avec un nouveau processus constituant en 2017. Mais Donald Trump durcit encore les mesures économiques. L’opposition, elle, multiplie les tentatives d’assassinat, les coups d’État et les attaques armées, y compris avec des hélicoptères et des mitrailleuses contre des bâtiments publics.

Le Venezuela face à son destin

Le pays est au bord de la guerre civile. Des centaines de blessés, des dizaines de morts, des saisies d’explosifs et d’armes d’assaut. Loin de l’image d’une opposition pacifique, la vérité sur le Venezuela est bien plus complexe et sombre. Que se passera-t-il alors que les présidentielles de 2018 se profilent ?

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